Louvre Lens_

Visite du nouveau musée du Louvre le 23 mars 2013

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Kazuyo Sejima, deuxième femme de l’histoire après Zaha Hadid à remporter cette prestigieuse récompense, est la fée de l’architecture contemporaine ; proche de la nature, humble, douce, infatigable passionnée. Interview avec une des plus brillantes femme japonaise.

Lauréats le 29 mars 2010 du prix Pritzker, Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa offrent, avec le Louvre-Lens à la fois un modèle de rationalisation programmatique et d’insertion délicate au sein d’un site atypique. Ce grâce à une architecture dont la sobriété est, de fait, signée SANAA. Une simplicité trompeuse.

Louis-Antoine Grégo, responsable du projet aux côtés de Yumiko Yamada et représentant de SANAA. Ayant rejoint l’agence tokyoïte en 2006, l’architecte français fut, dans un premier temps, mobilisé sur le Rolex Learning Center à Lausanne avant de se consacrer au Louvre-Lens en phase APS et de s’installer sur place en 2009.

«Une île verte au milieu de la ville». Louis-Antoine Grégo rappelle l’histoire d’un site «atypique». Cerné par une lisière arborée ayant progressivement colonisé le réseau de rails d’une ancienne exploitation minière, le terrain sur lequel s’élève le Louvre-Lens de jour en jour donne «l’étrange sentiment d’une clairière». Un paysage que Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa tenaient à préserver.

D’où le fractionnement du programme en cinq volumes distincts. Notamment, galerie du temps (3.000m²) et espace dédié aux expositions temporaires (2.000m²) sont répartis de part et d’autre d’un hall d’accueil de 4.000m². Si les perspectives donnent l’impression de surfaces planes, ne pas s’y fier. Les différents volumes suivent «les courbes naturelles du site».

«Les murs sont légèrement courbes et les toitures, en écho à la pente du site, légèrement inclinées», précise Louis-Antoine Grégo. La subtilité sera donc perceptible sur place. Une signature.

Avec SANAA, aussi, «ce que je perçois à l’extérieur est ce que je vis à l’intérieur». En clair, grâce au fractionnement du programme «en entités logiques», pas de couloirs mais «une expérience continue».

Quant aux matériaux, ils participent à «la délicate insertion» du projet. Entièrement vitré, le hall d’accueil s’ouvre généreusement sur un parc de vingt hectares confié aux bons soins de la paysagiste Catherine Mosbach. Pour les façades de la galerie d’expositions temporaires et de la galerie du temps, les architectes ont choisi un aluminium anodisé reflétant le paysage.

Aux surfaces changeantes, un espace introverti. «L’absence de vocabulaire architectural, c’est-à-dire d’ouvertures, permettra de se concentrer sur les oeuvres», souligne Louis-Antoine Grégo. Compter toutefois sur un plafond vitré pour l’apport de lumière.

Bref, bien «planté», le Louvre-Lens est néanmoins d’une sobriété reconnaissable entre toutes. Si Louis-Antoine Grégo assure que le chantier ne présente pas «de complications particulières», il souligne néanmoins la difficile mise en oeuvre d’un dessin parmi les plus fins.

«Dans le cadre d’une architecture bavarde, l’erreur est moins visible. En revanche, la simplicité du Louvre-Lens ne peut souffrir d’aucun défaut», précise Michel Lévi, cofondateur de l’agence Extra Muros, désignée comme architecte d’opération du Louvre-Lens.

Autrement dit, «la simplicité apparente implique une grande complexité». De fait, compter treize architectes, dont huit côté SANAA, pour seconder Yumiko Yamada et Louis-Antoine Grégo, lesquels supervisent la réalisation «de techniques inhabituelles», selon Michel Lévi. Parmi celles-ci, les planchers réversibles des galeries d’exposition. «L’air est soufflé par le sol puis récupéré latéralement en partie haute car les plafonds, transparents, ne portent aucun réseau».

La complexité est d’autant plus accrue que le projet est «hors normes», en termes d’échelle certes mais aussi de délais et de budget. «Très serrés», selon les architectes.

Alors, lequel de la poule ou de l’œuf ? Si les entreprises ont sous-évalué leurs coûts, c’est sans doute en raison de l’apparente simplicité de l’ouvrage.

Bref, comptant semble-t-il davantage de thuriféraires que de détracteurs, la sobriété des projets signés SANAA appelle une exécution des plus précises. De fait, les équipes travaillent d’arrache-pied pour tenir les délais.

article Emmanuelle Borne

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