Le paysage culturel d’Edouard André_

A l’occasion du 10ème anniversaire de la Convention Européenne du Paysage, dans  le cadre de l’Année Internationale de la Diversité Biologique, à  laquelle le Ministère du Développement durable et des Infrastructures du Grand-duché du Luxembourg adhère, l’Institut Européen des  Itinéraires Culturels  avait organisé un colloque sur “La dimension paysagère  des itinéraires culturels du Conseil de l’Europe”.

Ce colloque, qui s’était tenu à l’Abbaye de Neumünster à Luxembourg  le 15 et 16 décembre derniers, faisait le bilan sur les recherches et les études, les rencontres scientifiques et éducatives,  ainsi que les partenariats conduits et réalisés le long de l’itinéraire culturel du Conseil de l’Europe Parcs et Jardins, Paysage  à partir du 1993 jusqu’à aujourd’hui.

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La conférence du Dr Robert L. Philippart :

Le paysage culturel d’Edouard André à Luxembourg

Le Traité du 11 mai 1867 proclame la neutralité du Grand-Duché, le départ de la garnison prussienne installée dans sa capitale, et la conversion de l’ancienne ville-forteresse en ville ouverte. Trois alternatives furent étudiées pour donner à  Luxembourg une nouvelle vocation : ville universitaire, ville industrielle ou marché national. Cette dernière vision fut finalement retenue par le Gouvernement qui se décida  à faire de Luxembourg une ville  « qui représente plus particulièrement la nationalité, qui est la résidence du Souverain et dont les citoyens de tout le pays profitent presque aussi directement que les habitants eux-mêmes ».

Une commission fut chargée dès le 29 juin 1867 de l’inventaire de l’état général de tous les bâtiments et terrains disponibles, et de l’indication des places à affecter, soit à l’extension des voies de communication, des places publiques et jardins publics.

Félix Blochausen, Ministre d’Etat, allait renforcer la Commission de 1867 du conseil d’un éminent ingénieur paysagiste belge, qui s’était déjà distingué dans l’urbanisation de la ville de Mons, Louis Fuchs.  Cet ingénieur paysagiste qui fréquentait l’ancienne aristocratie tout comme la haute bourgeoisie, avait encore aménagé le quartier de la gare Léopold à Bruxelles. La nomination de Fuchs ne se fait cependant pas sans contestations, car certains estimaient qu’il vaudrait mieux recourir aux architectes et ingénieurs autochtones, malgré leur manque d’expérience. Ni Fuchs, ni la Commission elle-même n’avait  à y redire, puisque le démantèlement fut avant tout, au-delà de sa signification économique, un projet politique, et que le génie militaire eut aussi  son mot à dire.

Pour faire de Luxembourg un marché national, il fallait relier la ville aux marchés étrangers voisins. Comme les voies ferrées  en provenance de ces mêmes marchés rayonnent sur Hollerich, au sud de la ville, les routes nationales devaient se diriger sur la vieille ville. La ville optimale ne pouvait être obtenue que grâce au plan radioconcentrique qu’il adopta pour autant que la topographie accidentée du site ne le lui permette …

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