IL Y A 30 ANS, IBM A INTRODUIT L’ORDINATEUR PERSONNEL_

Au sein d’IBM, Philip ‘Don’ Estridge avait reçu la mission de concevoir un micro-ordinateur convivial, que l’on pouvait utiliser à la maison et dont le prix ne devait pas dépasser 1.500 dollars US. Estridge s’entoura d’une équipe de 12 ingénieurs – les « Dirty Dozen » comme ils s’étaient eux-mêmes surnommés. Pour éviter une production en propre, trop onéreuse, Estridge et son équipe choisirent d’utiliser des composants existants, produits en série et donc moins chers. En optant pour le microprocesseur d’Intel et le logiciel de Microsoft, IBM parvint ainsi à diminuer le prix de son ordinateur.

Construire un ordinateur à partir de composants existants s’avéra être une idée révolutionnaire.
L’appareil pouvait être aisément reproduit. Don Estridge avait, de plus, rendu publiques toutes les spécifications techniques du PC IBM, permettant ainsi à d’autres fabricants de développer des matériels informatiques, des logiciels et des périphériques capables de se connecter sans problème au PC. Le succès et l’architecture ouverte du PC conduisirent rapidement au clonage de la machine.

Patty McHugh, seule femme à faire partie de l’équipe de développement, est la mère de la carte mère, l’élément central de chaque PC. Son témoignage dans le film documentaire They were There met en évidence l’intensité de la mission de ces « Dirty Dozen » : « Ce que nous avons fait est inimaginable. On nous a demandé de concevoir un ordinateur et nous avons créé une industrie. »

La distribution du PC IBM via le commerce de détail fut une autre décision innovatrice. La question qu’il fallait poser au vendeur était alors « Est-il compatible PC/IBM ? ». Le gigantesque succès de l’IBM 5150 n’était donc pas étonnant. A la fin de l’année 1981, 250.000 unités avaient déjà été vendues. En 1982, le PC IBM est la « Machine of the Year » pour Time Magazine. Le magazine ne se trompe d’ailleurs pas lorsqu’il titre à l’époque « The Computer Moves In » : l’ordinateur fait désormais partie de la vie de tous les jours.

De 1984 à 1987, IBM dispose de boutiques PC spécialisées en Belgique : « L’une d’entre elles se trouvait dans l’ancien bâtiment IBM sur la Groenenborgerlaan à Anvers », se souvient Pascal Renard. « Il y en avait également une au Bon Marché de Bruxelles. Beaucoup de clients étaient curieux de venir découvrir la nouvelle merveille technologique. Son prix variant de 150.000 à 200.000 francs belges (entre 3.750 et 5.000 euros), nous vendions surtout aux écoles et aux PME, plus qu’aux particuliers. Mais, c’est vrai, certains clients repartaient avec leur PC sous le bras. »

Mark Dean, un des 12 ingénieurs qui ont développé le PC, a écrit dans un récent blogpost qu’il est heureux qu’IBM ait pris la décision de se défaire de sa division PC en 2005. Car selon Dean, l’ère du PC s’éteint lentement. Au lieu d’investir dans le secteur de la technologie personnelle (ordinateur, disques durs, écrans, imprimantes, etc.) et d’être confronté à des marges de profit toujours plus bas, IBM a investi dans des acquisitions stratégiques (plus de 100 au cours des 10 dernières années) dans les secteurs de croissance qui se concentrent sur le secteur des entreprises, et en particulier dans l’analytics, le cloud computing et dans les marchés de croissance (qui préfèrent les smartphones au PC). Les profits d’IBM sont plus élevés grâce à ces choix stratégiques. Big Blue continue ainsi donc à se concentrer sur ces segments de marché où il peut réaliser de plus grand profits. En se concentrant sur les secteurs en croissance comme l’analyse (le meilleur exemple de ceci étant Watson qui a gagné Jeopardy au début du printemps), cloud computing et les marchés émergents, IBM réalise un ROI beaucoup plus élevé.

IBM se souvient des 30 années de l’ordinateur personnel comme d’une belle histoire de transformation, de choix stratégiques, et de courage en s’aventurant à miser sur de la technologie qui fait évoluer l’industrie informatique et qui change le monde à nouveau.

Plus d’informations sur la vision d’avenir d’IBM peuvent être trouvées ici: http://bit.ly/n3RFGN

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