algues bleues au Luxembourg_

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©pixabay lake jan mallander

Les récentes apparitions massives de cyanobactéries, encore appelées algues bleues, dans les eaux du lac du barrage de la Haute-Sûre montrent l’importance d’une expertise scientifique locale, d’autant plus que la Directive Européenne 2006/7/CE concernant la gestion de la qualité des eaux de baignade conseille une surveillance appropriée pour permettre d’identifier en temps utile les risques sanitaires liés aux cyanobactéries. C’est au Luxembourg Institute of Science & Technology (LIST) que l’équipe de microbiologie de l’environnement peut se prévaloir d’une expérience de plus de 10 ans en la matière.

Le LIST travaille en étroite collaboration avec l’Administration de la Gestion de l’Eau (AGE) et le Syndicat des Eaux du Barrage d’Esch-sur-Sûre (SEBES) dans le cadre du monitoring des cyanobactéries et de leurs toxines associées durant la période de prévalence, qui s’étend généralement de fin août à fin octobre sur le lac de la Haute-Sûre. En cas de prolifération de cyanobactéries et lorsqu’un risque sanitaire a été identifié ou est présumé, la directive-cadre appelle à des mesures de gestion adéquates afin de prévenir l’exposition, y compris des mesures pour informer le public. C’est ainsi que la baignade dans les eaux du barrage a été déconseillée par le Ministère du Développement Durable et des Infrastructures depuis le 30 août 2016.

Les algues bleues sont en réalité des bactéries. Ces micro-organismes photosynthétiques produisent des pigments spécifiques, tels que la phycocyanine (pigment bleu), qui leur confère la couleur caractéristique et en même temps leur nom historique. En conditions favorables – fort ensoleillement, peu de vent, apport en azote et phosphore abondant, etc. – ces bactéries coloniales prolifèrent et deviennent dominantes dans la colonne d’eau, pour finalement former des efflorescences, ou « blooms », en surface. Mis à part l’effet visuel parfois spectaculaire, de nombreuses espèces de cyanobactéries produisent des toxines dangereuses pour l’Homme et les animaux, dont des hépatotoxines (atteinte du foie), neurotoxines (cerveau) ou encore des dermatotoxines (peau).

L’équipe de spécialistes du LIST cherche à mieux identifier les facteurs favorisant l’apparition et le développement d’efflorescences de cyanobactéries, en couplant les analyses microscopiques (identification des espèces) et chimiques (nature et taux de cyanotoxines) à des études d’hydrologie, de pollution environnementale ou encore de climatologie.

Dans le cadre de la définition des nouvelles zones de protection du lac de la Haute-Sûre, les apports nutritifs dans le lac sont évalués, y compris l’évaluation de l’importance des prébarrages « Misère » et « Bavigne » dans les causes des contaminations et de la formation d’efflorescences.

Outre le monitoring saisonnier de la diversité et des quantités de cyanobactéries dans le lac de la Haute-Sûre, les chercheurs du LIST testent également des nouvelles technologies permettant la prévention de la formation des « blooms », par exemple en employant localement des ondes d’ultrasons spécifiques.

Toutes ces activités de recherche au LIST visent ainsi à mieux analyser et gérer les risques microbiologiques et toxiques associés à la problématique des algues bleues, et plus particulièrement en ce qui concerne les eaux potables et les eaux récréatives au Luxembourg.

Si vous souhaitez davantage d’informations, veuillez contacter Dr. Christian Penny, microbiologiste de l’environnement au LIST (christian.penny@list.lu ; Tél. 275 888 – 1).

www.list.lu

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